SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Le CSAR du 2 juillet avait pour principal objet la présentation d’une nouvelle adaptation du réseau territorial. Après une déclaration liminaire commune de l’ensemble des organisations représentatives des personnels, la Directrice générale a affirmé être « victime de son honnêteté » et a soutenu qu’il ne s’agissait « en rien d’un NRP 2 ». Personne n’est dupe.

Selon elle, rien ne serait arrêté : aucune liste définitive des structures appelées à disparaître n’existerait pas. Les documents transmis ne représenteraient que le scénario maximal des opérations envisagées entre 2027 et 2030. La DG souhaiterait simplement « se laisser des marges de manœuvre » plutôt que de décider « au fil de l’eau ».

Pourtant, les faits contredisent ce discours. Au 1er juillet, les préfets concernés avaient déjà été sollicités. Dans plusieurs directions, des réunions informelles se sont tenues et des informations extrêmement précises ont été communiquées aux personnels. Si rien n’est décidé, pourquoi les directeurs locaux présentent-ils déjà un projet aussi détaillé ? À qui veut-on faire croire que tout cela n’est qu’une hypothèse ?

L’administration justifie ces fermetures par la petite taille de certaines structures, l’isolement des agents et agentes, le manque d’attractivité de certaines résidences ou encore des difficultés immobilières. Elle promet qu’à chaque fermeture d’un accueil DGFiP correspondra une solution de substitution, comprendre : France Services. Au détour des échanges, SPIB a d’ailleurs reconnu ce que chacun avait compris : ce projet constitue « le fruit des suppressions d’emplois ». Voilà enfin une vérité.

Ces arguments ne résistent pourtant pas à l’examen. À Solidaires Finances Publiques, nous savons que des services concernés dans le Pas-de-Calais ou en Seine-Saint-Denis sont loin d’être de petites structures. Ils exercent leurs missions dans des territoires fiscalement complexes, où les besoins de service public sont immenses et où son recul nourrit le sentiment d’abandon, terrain fertile pour les discours d’extrême droite .

Au-delà du fond, une question politique demeure. Quelle est la légitimité d’un plan qui engage l’administration jusqu’en 2030 alors que des élections nationales interviendront dès 2027 ? Prépare-t-on dès aujourd’hui le terrain à celles et ceux qui considèrent que le service public n’est plus un principe d’égalité mais une variable d’ajustement budgétaire ?

Une chose est certaine : chaque suppression de service aggravera encore les conditions de travail des agentes et des agents de la DGFiP. Depuis des années, ils encaissent restructurations, réorganisations, suppressions d’emplois et dégradation continue de leurs conditions d’exercice. Combien de fois faudra-t-il encore alerter sur leur état d’épuisement ?

Nous n’instrumentalisons ni les suicides ni les tentatives de suicide. En revanche, nous refusons de détourner le regard face aux souffrances que génèrent les réformes permanentes. L’angoisse est devenue un mode de management. Chaque nouveau projet entretient l’incertitude, détruit les collectifs de travail et fragilise davantage des personnels déjà à bout.

Aujourd’hui, tout semble sacrifié sur l’autel des économies budgétaires : le service rendu aux usagers, les conditions de travail, les implantations territoriales, les bâtiments, les missions. Il faudrait appliquer coûte que coûte la circulaire Borne, peu importe les conséquences humaines.

Jusqu’où ?

Combien de suppressions d’emplois en 2027 ? Après plus de 34 000 emplois supprimés, la DGFiP détient un triste record. Dans le secteur privé, un tel niveau de destructions d’emplois porterait un nom : un plan social.

Face à nos interpellations, la Directrice générale, moins assurée qu’à l’accoutumée, a répété que « rien n’était figé », et que 17 directions, sans préciser lesquelles, ne seraient pas concernées par le projet. Solidaires Finances Publiques a donc demandé une chose simple : si rien n’est arrêté, que la DGFiP arrête tout.

Qu’elle laisse les agentes et les agents respirer.
Qu’elle laisse les agentes et agents exercer leurs missions sans une épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête.
Qu’elle laisse le réseau de la DGFiP tranquille.
Qu’elle laisse les personnels travailler en leur donnant les moyens de le faire dans de bonnes conditions

Pour faire simple : qu’elle nous laisse tranquilles.

Si la DGFiP souhaite réellement démontrer qu’elle considère ses personnels, la réponse est connue de tous : qu’elle cesse les restructurations et redonne des emplois.

La solution n’est ni complexe ni technique. Elle est politique.

Face à des désaccords profonds et à une administration qui refuse d’entendre les alertes unanimes des représentants des personnels, l’ensemble des organisations syndicales, qui avait porté de vif propos liminaires d’une seule et même voix, a quitté ce CSAR, refusant de cautionner une mascarade de dialogue social.