Ce mercredi 17 décembre se déroulait le premier conseil de promotion des contrôleurs et contrôleuses stagiaires généralistes.
Aux sujets habituels, s'est ajouté une nouveauté qui a occupé une bonne partie des échanges : le crash des UC...
Liminaire
C’est dans un contexte politique et social de plus en plus dégradé qu’aujourd’hui nous nous tenons devant vous. Toujours des suppressions de postes annoncées, le gel des salaires, le gel des indemnités de stage, le transfert des charges des centres d’encaissements vers les services, les nombreuses tentatives et suicides de cette année 2025, l’hyperinflation, etc.
On va finir « bossu » au quotidien en référence à ce que l’administration a indiqué...
Nous tenons à vous rappeler que toutes les grandes civilisations se sont bâties grâce à leurs fonctionnaires, nous ne l’inventons pas, nous l’apprenons dans les cours du socle de notre formation.
Nous sommes heureux que vous soyez d’accord, les fonctionnaires ne sont pas un coût, comme voudrait le faire croire notre gouvernement, mais bien un organe noble de celui-ci.
Nous apprenons en cours de déontologie certaines choses qui ne vous ont pas échappées, tel que l’égalité, pour ne prendre que celui-là en exemple. Or, en service ce qui nous est demandé c’est de répondre aux stats, pas de bien faire notre travail, car ce n’est pas avec des services en souffrance que l’on peut traiter les dossiers, ceux-ci seront uniquement traités par enjeu, au diable l’égalité.
Une fois n’est pas coutume, la DGFiP paiera le tribut parmi ses effectifs. On nous apprend à faire du "service +" avec du personnel en moins.
Sur la gestion des épreuves
L’expérience vécue par les inspecteurs à l’occasion de leurs UC ne fut pas sans effet sur les contrôleurs. Déjà fortement stressés par l’approche des épreuves, le crash de la plateforme et l’incertitude entourant le déroulement des épreuves ajouta encore à l’inquiétude. C’est donc avec une forte appréhension que les stagiaires se sont rendus aux examens.
Par ailleurs, malgré la volonté de rassurer affichée tant par la direction que par les formateurs, force est de constater que les épreuves furent plus difficiles que les précédentes années, et que le temps imparti était manifestement trop juste ! Au moins la moitié des stagiaires n’ont pu finir, des sondages dans certains groupes rapportent des ratios de 17 élèves sur 26 !
Autres éléments à mettre en exergue, l’adaptation au support papier fût des plus sommaire et sans octroyer la durée supplémentaire qu’induisait ce passage au format écrit. Par ailleurs, la formulation des questions est un réel problème : nombreux sont ceux qui se sont plaints de « pièges », ou encore de difficultés à comprendre ce qui est demandé. Ceci était déjà largement constaté au travers des exercices de synthèses ou les auto-tests.
En définitive, Solidaires Finances Publiques revendique la mise en place d’un contrôle continu, sans caractère probatoire, privilégiant ainsi le soutien pour ceux qui en ont besoin, l’assurance d’un suivi approfondi et plus de sérénité, tant pour les agents que pour l’ENFiP.
Sur la Gestion des enseignements
On doit saluer leur qualité en présentiel et surtout de celles et ceux qui les dispensent. Nous souhaiterions que les chargé.es d'enseignement puissent nous fournir leurs supports, car ces synthèses sont pertinentes et seraient un outil de travail supplémentaire.
Dans la même lignée, les annales devraient être mises à disposition dès le début de la scolarité, pour permettre à tous les stagiaires externes et internes de se préparer au mieux pour les UC. Pour autant certains modules sont manifestement sous dimensionnés, et d’autres beaucoup trop longs, pour la quantité d’informations à distribuer. A titre d’exemple certains modules se font largement en moins de temps que prévu ou dans l’autre sens le temps nécessaire n’est pas suffisant. Certains sujets sont redondants, inadéquats, ce qui entraîne une overdose. Nous pensons que les enseignements doivent être catégorisés en « outils » « connaissances » et « culture » et être priorisés dans cet ordre.
La durée de la formation fait aussi que le contenu des cours est extrêmement dense, source de stress et d’une charge mentale trop lourde, notamment pour les externes qui n’ont aucunes connaissances préalables. Solidaires Finances Publiques revendique un retour à 8 mois de formation en établissement et l’implémentation de temps de « respiration » que cela soit pour souffler (au vu de la surcharge ou l’ensemble de ces cours), faire des fiches ou autres.
Pour les éléments les plus prégnants à évoquer, nous parlerons de l’acculturation numérique abordant des notions totalement déconnectées de nos futurs métiers et hors de nos compétences. Ce module n’a pas sa place dans le socle commun. Pouvez-vous, par exemple, nous expliquer en quoi la formation des MOA est pertinente pour les contrôleurs ?
La déontologie, présentée en tout début du socle, ne fait état que des devoirs des fonctionnaires, à aucun moment ne sont abordés les droits ! Beaucoup d’externes découvrent ainsi l’administration sous un angle très contraignant, et ont eu le sentiment d’être désormais restreints dans leurs libertés. La formation sur la santé mentale a été mal accueillie, et est apparue disproportionnée et ironiquement proposée peu de temps avant les UC, en pleine période de stress. Et ajoutons y le contenu qui fait essentiellement porter la responsabilité de la santé sur les agents eux-mêmes, éludant presque la responsabilité de l’employeur.
De manière générale, la e-formation en formation initiale n’avait initialement vocation qu’à assurer une continuité de formation durant la pandémie de covid. Ça n’est pas, et ce ne sera jamais, un bon vecteur d’apprentissage : rébarbatif, linéaire, sans intéractions et dont peu de connaissances subsistent en définitive !
Les sujets « culture DGFiP/Ministère » sont importants, mais devraient être étalés sur la totalité de la formation. La déontologie par exemple pourrait revenir en bloc sans que ce soit choquant, puisque les stagiaires auraient acquis des informations et un certain regard sur leur futur métier, et seraient plus en capacité de se projeter. De plus ils créeraient des moments de retrouvailles entre collègues de socle, qui seraient forcément bienvenus.
La comptabilité, la TVA, l’IR sont les matières de socle les plus « scolaires » et doivent bénéficier à ce titre d’aménagements particuliers. Les autotests, les cours de soutien (le vendredi après-midi n’est peut être pas pertinent, souvent vécu comme une punition), les nombreux exercices sont bienvenus, pourtant on sent qu’il manque un peu de temps pour assimiler les notions, surtout en fin de cursus comptabilité où l’on a mille choses à faire et où une séance n’est pas assimilée qu’il faut déjà découvrir la suivante.
Une meilleure répartition de ces enseignements sur la durée du socle est souhaitable. Ah, et s’il vous plaît, systématisez le recours aux comptes de tiers, personne dans la vraie vie ne fait directement débit 6 crédit 5.
Scolarité
Les modules du dispositif Ariane ont des dimensions très aléatoires. La coexistence de trois, voire quatre plateformes n’aide pas à les aborder de manière sereine. Il apparaît nécessaire de présenter ce que doivent faire les stagiaires pour bien se préparer à ces séances d’autonomie. Également, des adaptations sont peut-être nécessaire pour permettre à ceux qui le veulent de les dérouler en groupe de pouvoir le faire, en bonne intelligence et en faisant confiance aux stagiaires et ce n’est pas un gros mot ! La technique le permet. Par exemple, des salles de travail libres, que ce soit dans l’établissement ou dans les résidences, ou sur accord avec d’autres administrations locales.
Non revalorisation des indemnités de stage = précarité = problématique sur les logements
Entre 2006 et 2026 l’inflation reconnue est de 39,12 %, la revalorisation des indemnités de stage reconnue est de 0 %. Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi le bloc socle de notre formation pour faire le calcul.
Pour exemple, sur Noisy, la plupart des collègues stagiaires ne peuvent pas se loger sur place car les loyers sont bien trop élevés par rapport à l’indemnité de stage perçue. Le loyer pour une chambre chez l’habitant se situe entre 600 à 900 € voir plus..obligeant les stagiaires à mettre de leur poche.
Ils préfèrent donc faire les trajets quotidiens, rajoutant le stress des transports à la fatigue déjà bien présente. Vous n’êtes d’ailleurs pas sans savoir qu’un des stagiaire dort encore dans sa voiture dans un parking souterrain faute de logement jusqu’au 2 janvier…..
Cela est intolérable et révélateur de la situation réelle des stagiaires parisiens...
Par ailleurs, sur Lyon et Noisy, la qualité des logements laisse à désirer : VMC non fonctionnelle, sécurité inexistante, problème de chauffage récurrent, personnel d’accueil inexistant, etc.
Comment les conventions sont elles négociées et suivies? Nous trouvons cela anormal au vu des dépenses que cela engendre et les bénéfices que ces résidences encaissent grâce aux stagiaires.
Notre administration nous demande de penser à l’écologie et de l’intégrer à nos modes de travail. Mais faire pousser des champignons sur les murs des salles de bains des stagiaires n’est pas vraiment notre vision de l’écologie !
Solidaires Finances Publiques redemande encore une fois la revalorisation des indemnités de stage et un suivi des conventions signées avec les différents bailleurs, car il est primordial que la situation des stagiaires s’améliore et cesse de se dégrader !
Élections du conseil de promotion
Pour Solidaires Finances Publiques, il est nécessaire de remettre en place un scrutin en isoloir avec émargement, avec un temps dédié aménagé sur l’emploi du temps.
Cela a été possible pour les photos de classe, cela devrait être le minimum du respect à accorder aux stagiaires et organisations syndicales, très impliqués dans ce processus. Le taux de participation, supérieurs à de multiples élections nationales est là pour le rappeler. L’accent doit être mis sur ce vote. Il fait partie de la formation démocratique et syndicale des stagiaires à l’aube des élections professionnelles prévues l’an prochain.
Dans la continuité de notre démarche EcoFip, ce système permettrait une substantielle économie de papier puisqu’il n’y aurait plus le jeu des doubles enveloppes, parfois mal compris et menant à des annulations de bulletins.
Par ailleurs, ce conseil devrait durer une journée, ce qui permettrait de ne pas traiter les sujets à marche forcée et de prendre un vrai temps de réflexion.
Infantilisation ?
Il serait bon d’informer les élu.es des modalités d’autorisation d’absence pour la participation au conseil de promo. Il y a en effet chaque année beaucoup d’élu.es qui découvrent l’exercice des instances. De plus toujours concernant la présence en conseil de promo, à Lyon le service RH demande de revenir avec une attestation de présence. Pouvons-nous savoir à qui nous adresser ?
Toujours concernant l’école de Lyon, nous devons revenir sur l’intervention du DDFiP du Rhône qui lors d’une conférence a fait preuve d’un manque de respect face aux stagiaires : il a passé tout son temps sur son téléphone, a dénigré les syndicats à plusieurs reprises alors que le sujet qu’il présentait était le harcèlement moral sexuel et autres et la position de l’administration et la protection des fonctionnaires. Devons-nous vous rappeler l’importance du dialogue social et les raisons mêmes de l’existence du syndicat ?
Il est demandé aux stagiaires un savoir être, ce même savoir être est attendu de tout fonctionnaire, à plus forte raison d’un directeur qui se doit d’être irréprochable, mesuré, objectif et neutre.
La DGFiP et un monde merveilleux
Pour terminer, il nous semble aussi important de parler de l’image de la DGFiP telle qu’elle est véhiculée dans l’enseignement dispensé.
Cette dernière nous est présentée sous un jour extrêmement idyllique et flatteur, hors de toute autocritique, au point d’en devenir totalement déconnectée de la réalité à laquelle seront confrontés les stagiaires une fois dans les services.
Si la formation a vocation à nous préparer à notre prise de poste et à la vie dans les services, il semble primordial de présenter les choses telles qu'elles seront. Rien ne sert de nier les difficultés applicatives, le résultat mitigé de certaines réformes ou encore le manque de moyens et des conditions de travail qui ne seront pas forcément au rendez-vous.
Il ne s’agit pas de noircir le tableau, mais il faut veiller à ne pas non plus vendre du rêve !
La DGFiP gagnerait bien plus à admettre ses défauts et erreurs, plutôt qu’à les éluder durant la formation. La vague de suicides de cette année nous rappelle durement cette réalité de terrain, et il apparaît aussi de la responsabilité de l’ENFiP, de la formation, de préparer à cette réalité.
Les internes le savent, les externes non. C’est prendre le risque de voir fondre l’engouement initial en déception, en désengagement et perte de sens du service public… Pour qu’en définitive, nos directions s’étonnent des résultats des observatoires internes, ou de la baisse de niveau des nouveaux agents !
Compte-rendu
en cours de rédaction



























