SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Tout en continuant sa politique austéritaire, avec l'annonce de 6 milliards de crédits en moins pour faire face à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé hier des mesures pour venir en aide à certains secteurs d’activité et à une partie de la population modeste suite à la flambée des prix des carburants.

L’État, plutôt que d’impulser des politiques de revalorisation salariale, et notamment l’augmentation du SMIC et du point d’indice dans la fonction publique, s’enferre dans une mécanique d’aide sous système déclaratif, et sans aucun contrôle a priori.

Dans une période où la nécessité de mettre en œuvre des politiques de justice fiscale par des dispositifs plus progressifs se fait de plus en plus prégnante, le gouvernement persiste à ne pas taxer suffisamment les superprofits des grandes entreprises pétrolières estimés à 11,6 millions par jour en France depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Plus que jamais, la mise en place d’un service public de l’énergie, protecteur des populations les plus précaires, devient indispensable.

Les annonces de Roland LESCURE, ministre de l’Économie, démontrent, s’il en était encore besoin, un certain amateurisme. Ainsi, pour reprendre ses déclarations, les usagers devront déclarer leur kilométrage sur le site des impôts, sur lequel une application sera développée et disponible dans quelques semaines.

Si la DGFiP est devenu un acteur incontournable dans le versement d’aides de toute nature, et notamment aux entreprises, les chiffres annoncés et l’efficacité présumée d’un tel dispositif nécessitent a minima plus de prudence.

Solidaires Finances Publiques dénonce une mise en œuvre prématurée conjuguée à de simples effets d’annonce alors même que l’application évoquée n’est pas encore accessible. Dès aujourd’hui, ce sont bien les collègues des services d’accueil et des centres de contact qui vont devoir faire face à des questions de contribuables sans en avoir les réponses ni techniques, ni législatives, tout en étant fortement sollicités par la campagne déclarative sur le revenu.

Une nouvelle fois ce sont les agentes et agents des finances publiques qui doivent pallier les errements de décisions politiques non préparées.